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Interview: On a rencontré l'équipe de la web série doXa


l'équipe de la web-série doXa

Mooderns a rencontré l’équipe de la série doXa qui vient tout juste d’être lancée sur la chaine Youtube du Studio 4 et dont le premier épisode a été accueillie de façon très positive par la critique à en voir les commentaires. On a ainsi eu la chance de rencontrer les deux réalisateurs de la série, Alexandre Pierrin (auteur et co-réalisateur) et Olivier Marquesy (co-réalisateur) ainsi que Sébastien Chassagne qui incarne Arthur dans la série pour qu’ils nous parlent plus en détails de doXa. On en a profité pour poser quelques questions à Sébastien Chassagne en fin d’article.

Pour ce nouveau rôle, finit l’adulescent (référence à Irresponsable), place au trentenaire dynamique en costard-cravate qui bosse dans un institut de sondage. Après avoir fait une erreur dans un de ses rapports sans que ça n’inquiète sa supérieure psychopathe (interprété par Aude Gogny-Goubert) et encouragé par son meilleur pote anarchiste Blaise (joué par Romain Vissol), Arthur, s’apercevant de son pouvoir, va petit à petit prendre goût à cette manipulation d’opinion grandissante. Mais jusqu’où sera t-il capable d’aller ?

Sébastien Chassagne incarnant Arthur dans la série doXa

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 voir le premier épisode

 voir le deuxième épisode

Présentations

Je m’appelle Alexandre Pierrin, je suis l’auteur et le co-réalisateur de la série doXa. J’ai fait des études de science-politique donc je n’étais pas destiné à faire de l’audio-visuel. J’ai commencé il y a 6 ou 7 ans à faire de la vidéo de mon côté dans le secteur associatif avec des vidéos d’éducation à l’environnement et des outils pédagogiques d’éducation à l’écologie. Un des outils a pris un peu d’ampleur et c’est devenu une web-série. Ça m’a beaucoup plu donc je me suis mis à en faire de plus en plus et ça fait maintenant 2-3 ans que je me consacre intégralement à des projets audiovisuels en tant que scénariste et/ou réalisateur.

Moi je m’appelle Olivier Marquesy, je suis co-réalisateur. Ça fait 20 ans que je suis graphiste, je fais de l’animation, beaucoup de générique de film, d’habillage de documentaire de série etc.. J’ai fait aussi des séries d’animations produite par la Générale de Production qui produit doXa. Il y a un peu plus d’un an, un des producteurs m’a fait lire un texte qui était la première version de doXa. Après cette première lecture, que j’ai trouvé superbe, j’ai rencontré Alexandre et on a décidé de co-réaliser cette chose là (doXa).

Anne Gogny-goubert s'adressant à sébastien chassagne dans la série doXa

Comment est venue l’idée de la série doXa ?

Alexandre Pierrin - J’ai étudié à science po et j’ai un très bon amis qui a “fini” dans les instituts de sondages. Il me racontait très souvent son quotidien et ça m’a fait halluciner parce que c’est un milieu hyper secret dans lequel tout le monde se connaît et qui a énormément de connexion dans le monde politique. Je trouvais ça incroyable qu’un monde aussi secret ait autant d’influence sur notre environnement et quand j’ai dû réfléchir à une idée de fiction au moment où j’ai voulu me consacrer à l’écriture, ça m’est apparu comme un sujet parfait.

Souvent ce que tu essayes de faire dans une fiction, c’est prendre une histoire individuelle et faire que l’histoire d’un personnage ait des répercussions sur son environnement. Le métier de sondeur était parfait pour ça, vu qu’il est amené à toucher des millions de personnes et puis ça n’avait jamais été abordé dans la fiction.

Est-ce que le nom doXa a une signification particulière ?

Alexandre Pierrin - Doxa c’est un mot grec qui signifie ‘l’ensemble des opinions propre à une société qui ne sont pas remis en question’. Du grec ancien à l’ère de youtube. L’idée avec cette série c’est de montrer comment les chiffres dans les sondages peuvent arriver à former des évidences. Ça a été très rapide à trouver mais au début personne ne l’aimait, ni la production, ni la chaîne, ils trouvaient le titre pas assez “web”, moi je trouvais que ça correspondait parfaitement à l’esprit de la série.

Est-ce qu’il y a des œuvres de fictions qui vous ont inspirés ?

Alexandre Pierrin - Dans l’écriture ça aurait été des oeuvres comme ‘Yes Minister’ une série de la BBC des années 80, ‘The Thick of It’ une autre série de la BBC des années 2000 qui se passe toujours dans les arcanes des ministères. Après, en terme de réalisation, il y a une grosse influence de ‘Man seeking woman'.

Il y a aussi ‘Fight Club’ pour la trajectoire du personnage, un employé de bureau qui se met à tout foutre en l’air, ou encore 'Mr Robot' aussi avec le masque mais ce ne sont pas des références conscientes.

Olivier Marquesy - Ça fait 20 ans que je me nourris d’images et ça ressort un peu à l’instinct, on s’est pas dit: ‘Tiens, il ouvre la porte comme ça dans telle série ou tel film donc on va faire pareil’.

Les réunions dans la série ?

acteur de la série doXa pendant une réunion

Olivier Marquesy - On voulait montrer le ridicule, la hiérarchie des sociétés entre le patron, les sous-fifres et les sous sous-fifre. Montrer les peurs de ce qu’implique chaque décision qui, en fait, n’en est pas une. C’est une pièce de théâtre qui se joue à chaque fois.

Alexandre PIerrin - La scène de la réunion ça fait aussi écho aux travaux de David Greber, un anthropologue anglais qui a fait tout un livre sur les ‘bullshit job’. Il y a des entreprises de tailles monstrueuses qui ont plus de moyens que d’utilité et qui vont consacrer des moyens colossaux à des choses totalement superficielles comme refaire le packaging d’un yaourt (petit clin d’œil à ‘99 francs’). Je pense qu’il y plein de gens qui se reconnaitront dans cette scène.

Quelle est la signification du pingouin présent dans chaque épisode ? 

Sébastien Chassagne à côté d'un pingouin sur un canapé

Alexandre Pierrin - Il y a une référence indirecte à ‘Fight Club’ parce que c’est l’animal intérieur d’Edward Norton. J’avais une idée précise au début et puis quand j’ai rencontré Olivier Marquesy, il est arrivé avec une autre explication qui était encore plus intéressante que la mienne. Donc je me suis dit que c’était peut-être plus intéressant de laisser ça à l’interprétation de chacun.

Nous ça nous a fait penser à 'Donnie Darko' !?

Alexandre Pierrin - Ah p*tain pas mal ouais. D’ailleurs il y avait une scène où Arthur suivait le pingouin dans les rues et le pingouin l’emmenait de manière un peu magique à un autre endroit mais cette scène a été enlevée et ça aurait pu évoquer plus directement 'Donnie Darko'.

Une anecdote de tournage ?

Sébastien Chassagne - Dans l’épisode 4, je suis très exalté envers un acteur qui joue un sdf, et il était tellement dans son rôle que plusieurs personnes après chaque prise venaient me voir en voulant plus ou moins me péter la gueule, parce qu’ils pensaient que j’emmerdais un vrai sdf.

Olivier Marquesy - Les faux joints contenaient 0% de vraie weed. En fait, on met de l’herbe de réglisse dedans, c’est l’accessoiriste qui s’occupe de ça et même pour l’alcool. Légalement on a pas le droit d’avoir d’alcool sur un plateau de tournage.

Des infos sur une possible saison 2 ?

Alexandre Pierrin - La dernière version de la saison 1 de doXa c’est la v16. Il y a eu beaucoup de versions du scénario. Quand j’ai rencontré Olivier j’étais déjà à la v8 mais il y a eu, entre la v3 et la v7, toute une partie qui était très accès sur les réseaux sociaux et c’était bien avant le scandale Cambridge Analytica. Finalement, j’ai décidé d’écarter ça pour rester centrer sur le rôle principal des sondeurs. Mais une des thématiques de la saison 2 ce sera bien sûr l’espionnage de masse sur les réseaux sociaux à des fins politiques, qui est une continuité naturelle du métier de sondeur. Aujourd’hui, tous les instituts de sondages ont soit leur département réseaux sociaux soit un partenariat exclusif avec une société externe qui ne fait que de l’analyse réseaux sociaux.

Deuxième partie

Sébastien Chassagne, que l’on a connu comme 99% des gens dans la série ‘Irresponsable’ (il le dit lui-même) avec le rôle de Julien, revient cette fois-ci sous le nom d’Arthur dans la série doXa.

Sébastien Chassagne incarnant Arthur dans la série doXa

Est-ce que tu peux te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Je m’appelle Sébastien Chassagne, j’ai 34 ans. J’ai commencé en faisant du théâtre amateur. Ensuite je me suis un peu perdu dans des études littéraire et je suis revenu au théâtre à 21-22 ans. D’abord au conservatoire de Versailles et après à l’ESAD (l’école supérieur d’art dramatique). J’ai fait beaucoup de théâtre pendant une dizaine d’années avec différentes compagnies un peu partout en France et un jour j’ai été repéré par une directrice de casting pour faire un film. Puis après une pote m’a appelé pour faire le pilote de la série’ Irresponsable’ et c’est là que j’ai commencé à faire des tournages il y a maintenant 4 ans.

On t’a vu beaucoup dans le registre comique, est-ce que tu sais jouer autre chose ?

Sebastien Chassagne - Les comédiens de théâtre on leur demande souvent s’ils font de la comédie ou de la tragédie. Pour moi c’est toujours un petit peu imbriqué l’un dans l’autre, il n’y a pas d’humour s’il n’y a pas de tragédie et inversement.  Je n’ai pas l’impression d’être un comique, les pièces de théâtre que je joue traitent d’un peu de tout. Après mes rôles ne sont pas toujours comique dans ‘Eden’ de Mia Hansen-Love, par exemple, c’est un rôle qui n’a absolument rien de drôle. J’ai un ridicule naturel qui prête à sourire mais je le cultive pas particulièrement.

En quoi est-ce que tu es pareil ou différent du personnage d’Arthur dans la vraie vie ?

Sebastien Chassagne - Entre Arthur et moi, il y a la complicité avec Romain Vissol [ndlr: Blaise dans doXa] qui est évidente. Après je ne sais pas si j’ai vraiment des points communs avec Arthur. Il est un peu con Arthur, ce n’est pas un très bon être humain, il ne fait pas beaucoup de trucs très sympa pour l’humanité. Je n’ai pas beaucoup de points communs avec lui parce que je ne fume pas de pétards et je ne joue plus aux jeux vidéo depuis des années. Finalement le point commun que j’ai avec lui c’est quand j’étais célibataire, le côté vraiment assoiffé de rencontres sexuelles, donc mon appétit sexuel je dirais (rire).

On t’as vu dernièrement dans des comédies sur grand écran, est-ce que tu as d’autres projets au cinéma?

Sebastien Chassagne - Oui j’en ai plein !

J’ai tourné dans le film de Benoît Forgeard qui s’appelle ‘Yves’ qui va être canon. Il y a le film de Louis Julien PetitLes invisibles’. Je vais partir en Colombie tourner un film qui s’appelle ‘Vers la bataille’ d’Aurélien Vergne qui parle de l’intervention française au Mexique à la fin du XIXème siècle. Je vais jouer dans un film à sketch écrit par Julien Sibony dans lequel j’ai le rôle principal du dernier segment, un espèce de mélange entre 'Black Mirror’ et ‘Les nouveaux sauvages’. Après j’enchaine avec un film de Xavier de ChoudensDamien s’engage’ avec Pablo Pauly et Franck Gastambide où je joue Patrick Chesnay jeune. Et enfin le prochain film de Julien Rapeneau qui s’intitule ‘Fourmis’ qui est l’adaptation d’une BD qui s’appelle ‘Dream Team’ dans lequel je joue un coach sportif avec André Dussollier.

Des projets en dehors du cinéma ?

Sebastien Chassagne - Il y a la saison 3 d’Irresponsable’ que l’on tourne à la rentrée et je reprends aussi le théâtre intensément avec une création en janvier prochain à Bordeaux, une pièce écrite par Nicole Genovese.

Beaucoup de projets à venir donc pour Sébastien Chassagne que l’on a hâte de découvrir. Et si vous ne ne mettez pas encore un visage sur ce nom, cela ne serait tarder car ce comédien talentueux ne cesse de prendre de l’ampleur dans le paysage audiovisuel français.

Article rédigé par Quentin et Marie